DES CONTES – DES FABLES DE MADAGASCAR
- Le serpent et la grenouille
- Le chat et le ras d'eau
- Ranoro
- LE SERPENT ET LA GRENOUILLE
Un jour, un serpent et une grenouille se rencontrèrent.
- Où allez-vous ainsi, vénérable frère ? demanda la grenouille.
Le serpent répondit avec colère :
- Je vais tout droit mon chemin.
Le serpent n'ajouta rien, mais la grenouille, qui était très curieuse et très bavarde, demanda
encore :
- Pourquoi changez-vous de peau de temps en temps ?
- Pour me faire beau, grogna le serpent.
- Et pourquoi vos yeux sont-ils à fleur de tête ?
- Parce que je suis une grenouille de la plus belle espèce, dit-elle.
- Et pourquoi tenez-vous la bouche si grande ouverte ?
- Parce que j'ai toujours des messages à porter, et que je prends part à beaucoup de conversations.
- Et que faites-vous tout le long du jour ?
- Le soir je chante. A minuit j'appelle : " Qui va là ? ". Le matin, je crie : " Qui êtes-vous ? "
- Eh bien ! je vais vous tout le long du jour ?
- Le soir je chante. A minuit j'appelle : " Qui va là ? ". Le matin, je crie : " Qui êtes-vous ? "
Eh bien ! je vais vous faire voir qui je suis! dit le serpent et, ouvrant la bouche, il avala la pauvre grenouille.
Et c’est depuis ce temps-là que les serpents poursuivent les grenouilles et les mangent.
- LE CHAT ET LE RAT D'EAU (1)
(Betsimisaraka
Le père des chats se trouvant, un jour, au bord d'une rivière, qu'il
voulait traverser pour se rendre sur la rive opposée, demanda au rat
de lui faire passer l'eau.
Arrivé au milieu de la rivière, le rat qui portait le chat sur son dos, se dérobe et le fait plonger. Le chat gagna la rive à grand-peine. Ayant touché terre, il réunit ses
enfants et ses petits enfants : « Voilà ce que m'a fait le rat, leur
dit-il; c'est une insulte qui vous atteint tous. Aussi pour nous
venger, détruisons cette race maudite et chaque fois que l'un de ses
représentants se trouvera sur notre passage, mangeons-le, tuons-le
(2). »
(1).Recueilli à Mananjary (côte sud-est de Madagascar), où il m'a été
raconté par une femme Betsimisaraka.
(2).L'expression 'mangeons-le, tuons-le', s'emploie à l'égard de tout
ennemi, homme ou bête, dont on a juré la perte. Elle s'applique
souvent, dans les discours officiels, à ceux qui menacent ou
menaceraient la paix du royaume.
- RANORO
Il y a des siècles, au temps du peuple légendaire, les Vazimba, qui furent les
ancêtres des malgaches, il existait, dit-on, des ZAZAVAVINDRANO ou des Filles de l'Eau.
Or un jour, Andriambodilova, tandis qu'il se reposait au bord de la Mamba,
aperçut au milieu de la rivière une merveilleuse jeune fille assise sur un
rocher.
Il resta muet d'admiration devant tant de beauté. Ses cheveux étaient si longs
qu'ils trempaient dans l'eau et ses yeux si grands, qu'ils semblaient refléter
tout le paysage.
Elle rêvait, le regard perdu vers Analamanga, "la forêt Bleue", où est bâtie,
à présent, Tananarive.
Andriambodilova contemplait la ravissante créature sans oser bouger ni parler.
Mais voulant tout de même lui exprimer son admiration, il se mit à chanter. Il
avait une jolie voix très douce et le chant monta vers le ciel bleu où passait,
lentement, un vol de Vorompotsy (héron blanc).
La belle aux longs cheveux, après avoir écouté pendant quelques instants,
plongea et le jeune homme, déçu, resta longtemps les yeux fixés sur le rocher,
en l'appelant en vain.
Pendant plusieurs jours, Andriambodilova revint à la même place et à la même
heure. L'Ondine était là, comme fidèle au rendez-vous, mais dès qu'il
l'appelait, elle disparaissait.
Il décida alors d'user d'un stratagème et un matin, nageant sans bruit entre
deux eaux, il s'approcha de la roche où semblait dormir l'Ondine et saisit une
de ses longues mèches qui flottaient sur l'eau comme de souples algues.
Elle ouvrit de grands yeux étonnés et voulut plonger, mais le jeune Vazimba
n'avait pas lâché prise et elle ne put bouger. Il monta alors sur la roche, à
côté d'elle.
- Je ne m’enfuirai pas, dit-elle et sa voix était aussi douce que son regard.
Ne tire plus sur mes cheveux, tu me fais mal. Que me veux-tu?
-Dis-moi quel est ton nom? Je ne peux plus vivre sans toi. Veux-tu être ma
femme?
- je m'appelle Ranoro, fille d'Andriantsira (le seigneur -du-sel); j'habite le
fond de la rivière avec le peuple des Ondes, dans les Grandes Cavernes où l'eau
ne pénètre pas. C'est le plus beau pays du monde, mais moi aussi je t'aime et je
veux bien rester sur la terre. Si j'ai plongé plusieurs fois, ce n'était que
pour t'éprouver, car lorsque l'amour n'est pas partagé, il est comme un fleuve
tari. Emmène-moi dans ta case, je serai ta femme, mais à une condition, c'est
que tu ne prononces jamais devant moi le mot "sel".
Andriambodilova promit et, tout à son bonheur, il emmena sa fiancée dans la
belle case qu'il possédait, un peu à l'écart du village. Et tandis qu'elle
marchait, Ranoro releva ses cheveux pour qu'ils ne traînent pas dans la
poussière.
Les années passèrent et ils étaient heureux, ils eurent beaucoup d'enfants.
la suite de la légende Vazimba :
Un matin, Andriambodilova décida de s'absenter toute la matinée pour retourner son champ.
Avant de partir, il recommanda à Ranoro d'attacher le veau car il désirait le sevrer et traire la vache à son retour.
Mais Ranoro, qui était très étourdie, se trompa et attacha le veau par la queue, puis rentra dans la maison. Cela n'était pas du goût du jeune animal et il se débattit si bien qu'il se détacha. Après quoi, il n'eut rien de plus pressé que d'aller rejoindre sa mère et de boire tout le lait.
Lorsque Andriambodilova revint des champs, il aperçut de loin le veau qui gambadait autour de la vache. Il se mit dans une grande colère et la colère, chacun le sait, est une bien mauvaise conseillère .
-Tu n'es bonne à rien ! cria-t-il. Tu ne seras toujours qu'une Fille-du-Sel.
A peine eut-elle entendu le mot fatal que, même sans prendre le temps le temps d'embrasser ses enfants.
Ranoro courut vers la rivière et plongea.
Andriambodilova cria :
- Mais taisez-vous donc, Enfants-du-Sel.
Ce n'est certes pas cela qui arrangea la situation car Ranoro ne revint plus jamais sur la terre.
On raconte cependant qu'elle se montrait en songe à son mari et à ses enfants pour les conseiller.
Elle se montrait aussi aux gens du pays et leur aurait dit :
- Si vous vous souvenez de mes bienfaits, je continuerai à vous protéger et si vous venez à la Maison de pierre où je me suis réfugiée, je vous aiderai.
L'endroit où, d'après la tradition, Ranoro se serait jetée dans la rivière est devenu sacré. C'est au village d'Andranoro près de Tananarive que se trouve "la Maison de pierre", lieu du pèlerinage.
Cette Maison de pierre est une grotte pleine d'eau, près d'un grand rocher où elle aurait déposé son lamba avant de disparaître.
Tous ceux qui passe, invoquent Dame-Ranoro-la-Sainte. Son intervention est, dit-on, très efficace en toutes circonstances.
Mais, ce n'est pas moi qui suit le Menteur..
- Petit plus :
Ci-dessous la grotte de pierre pleine d'eau, près d'un rocher ou Ranoro, fille de l'eau, aurait déposé son lamba, avant de disparaître.
Sources :
- mes idées – mes recherches - mes lectures
- icone-gif.com
- cambegoulles.com
- sonnette.centerblog.net
- dinosoria.com
- bellaminettes.com
- aefe-ien-madagascar.mg
- tecfa.unig.ch
- photos de la grotte : site de
- fianakavianatrrf.e-monsite.com
- vocabulaire
- Manao ahoana Tompoko.
- Bonjour monsieur/madame.
- Misaotra indrindra
- Merci beaucoup




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